Je suis tombé, en feuilletant comme je le fais souvent dans mes vieilles pages de "L'Huma" sur un article
vivifiant: "Ambroise Croizat, militant ambulant".
Croizat est ministre du Travail du général de Gaulle du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946 puis ministre du
Travail et de la Sécurité sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 et du 22 janvier au 4 mai 1947 (fin de la participation communiste au gouvernement).
Surnommé le « ministre des travailleurs », son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la sécurité sociale (Mise en place de celle-ci, organisation administrative des
caisses et des élections aux conseils d'administration des caisses et régimes des fonctionnaires), son influence s'exerce aussi sur les projets concernant les comités d'entreprise, le statut des
délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales. En vingt-huit mois, il accomplit ainsi une œuvre
considérable.
Je dois dire que ce type d'article renforce encore plus mon adhésion aux valeurs sociales-républicaines. A
l'heure où le libéralisme économique détruit peu à peu les acquis sociaux, il est bon de se souvenir des étapes qui ont conduit notre pays dans la construction d'un sytème de sécurité
sociale.
Il est important de se souvenir que pour sortir du niveau zéro de la protection sociale, nombres d'hommes, tel Ambroise Croizat se sont battus pour la sécurité sociale. Je remarque avec gravité ces mots qui raisonnent encore plus fort dans le contexte qui est le notre:
"Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès." Ces mots Ambroise Croizat les prononce en 1950, alors que la maladie le ronge.
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